Gareth Edwards le diable rouge

C'est un Diable Rouge, c'est un demi-dieu au Pays de Galles et plus encore dans toute la planète rugby. Il a longtemps été considéré comme le meilleur joueur de rugby de l'histoire, avant l’avènement de Jonah Lomu et autres colosses du Sud aux mensurations d'homme-montagne. Il l'est toujours par tous ceux qui l'ont vu jouer...

 

Gareth Edwards est sans l'ombre d'un doute le meilleur demi de mêlée de l'histoire ; une décennie durant il fut le chef d'orchestre d'une exceptionnelle équipe du Pays de Galles, ayant dominé l'Europe tout en rivalisant avec les nations de l'hémisphère sud. Joueur d'une intelligence exceptionnelle, il était incroyablement complet : rapide, technique, d'une adresse diabolique au pied, il "sentait" le rugby comme aucun joueur avant lui et très vraisemblablement comme aucun après. 

 

Edwards était tellement doué qu'il avait même réussi à faire de sa taille de lilliputien un atout remarquable. Avec son mètre-soixante, il esquivait avec une vivacité de lutin les plaquages de ses immenses adversaires en passant sous leurs bras tentaculaires !

 

Un géant pourtant

 

Oui vous avez bien lu : Gareth Edwards ne mesurait que 1m61 pour un poids dérisoire de 53 kilos. Certes, les mensurations des rugbymen des années 70 n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui, mais il s'agissait déjà d'un sport de costauds et à l'époque déjà son petit gabarit défrayait la chronique.

 

A tel point que le jeune Edwards eut beaucoup de mal à trouver un club prêt à l'accueillir, les recruteurs et autres éducateurs le trouvant évidemment trop petit pour ce sport de voyous... Son gabarit le prédisposait d'avantage à jouer au foot, sport dans lequel il excellait puisqu'il fut tout près d'embrasser une carrière professionnelle à Swansea, mais Edwards était Gallois et dans son sang comme dans celui de tout un peuple coulait la passion du rugby. Son opiniâtreté et son immense talent précoce furent enfin détectés pour le bonheur d'une génération de passionnés de cet étrange sport...

 

Sans travail, le talent n'est rien...

 

Détecté tardivement, le numéro 9 n'en fut pas moins d'une rare précocité. Sélectionné à seulement 19 ans, il reçoit le brassard de capitaine du quinze du poireau dès l'année suivante, posant les bases d'une histoire d'amour commune devant durer de 1967 à 1978.

 

Mais quelque fut le talent inné du jeune prodige, il lui fallut un travail acharné - et novateur - pour devenir cet exceptionnel artiste. S'essayant à de multiples disciplines - outre ses prédispositions dans le football - il devint notamment champion universitaire de 110 mètres haies et de saut en longueur, avant de passer des heures, souvent seul, à travailler sa dextérité ballon en mains, effectuant des milliers de passes avec pour seul partenaire un filet ou un mur dont les rebonds capricieux forgèrent ses exceptionnels réflexes. Non content de se bâtir une technique supérieure, Edwards pouvait passer des heures  à réfléchir à l'aspect tactique du jeu, un calepin et un stylo en mains, avec comme auditoire, ses partenaires déjà dans les brumes houblonneuses d'une troisième mi-temps...

 

 

L'Ange des Diables Rouges

 

Avec Gareth Edwards aux commandes d'un pack de durs-à-cuir façonnés dans les mines de Galles, les Diables Rouges devinrent la plus enthousiasmante équipe de l'Ovalie, s'offrant le luxe de rivaliser avec les invincibles Blacks ou les rugueux Sud-Afs et de dominer l'hémisphère nord en remportant sept Tournois des Cinq Nations dont trois agrémentés d'un prestigieux Grand Chelem.

 

Plus de dix années durant le Pays de Galles fut l'équipe à battre et Edwards l'homme à maîtriser. Une gageure car le lutin n'était non seulement inarrêtable ballon en mains (il marqua 20 essais durant sa carrière sous le maillot rouge), mais indestructible. A une période où les remplacements n'existaient pas (et où les rencontres internationales étaient moins fréquentes), l'Ange des Diables Rouges honora 53 sélections d'affilée, ne ratant aucun match de son équipe nationale en onze années au plus haut niveau !

 

Marqueur d'essai prolifique, Edwards n'avait pas que cette corde à son arc. Avec lui, le pack des rouges broyait ses adversaires et les lignes arrières pouvaient s'envoler dans des chevauchées fantastiques une fois le ballon magnifiée par une passe d'orfèvre de leur demi de mêlée. Et si la ligne d'essai restait inaccessible aux filouteries d'un lutin ou à la force collective d'une équipe de rêve, Gareth Edwards échappait une fois de plus aux flankers adverses pour décrocher un drop miraculeux offrant à chaque fois ou presque la victoire à tout un peuple.

 

 

Le Lion des Lions

 

Infligeant chaque année les pires sévices à ses cousins britanniques, Edwards leur offrit néanmoins de magnifiques consolations sous les couleurs des Lions Britanniques avec qui il resta invaincu trois années durant, signant au passage d'épiques victoires contre les plus prestigieuses sélections et tout particulièrement la Nouvelle-Zélande.

 

Un adversaire qui lui permettait de se surpasser, trouvant peut-être à cette occasion un rival enfin à sa mesure... En 1973 pourtant, l'armada black ne parvint jamais à l'arrêter. Sous les couleurs des Barbarians britanniques, Gareth Edwards fut à la conclusion - et à la préparation - de "l'essai du siècle" au terme d'une remontée de balle de 80 mètres durant laquelle quasiment tout son équipe avait touché le cuir avant que le neuf de génie, d'un ultime sprint à la vitesse du vent, ne trouve l'en-but.

 

En 1978, à 31 ans, Sir Gareth Edwards, en pleine force de l'âge et en pleine possession de ses moyens, mit un terme à sa carrière, laissant le quinze du poireau orphelin de son plus beau joyau. Le rugby était encore un sport amateur et l'impérieuse nécessité d'une reconversion n'épargnait pas les plus talentueux des rugbymen.

 

Chaque année, en hiver, lorsque débute le tournoi des Six Nations, des hordes de supporters en procession font un détour par le centre de Cardiff dans lequel se dresse une statue de Gareth Edwards. De là naissent les chants gallois qui sont les plus beaux de l'Ovalie.

 

 

Le rugby, un sport de voyous pratiqué par des gentlemen (avec Gareth Edwards, 2e à partir de la gauche)
Le rugby, un sport de voyous pratiqué par des gentlemen (avec Gareth Edwards, 2e à partir de la gauche)

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Commentaires : 4
  • #1

    Rob (dimanche, 15 janvier 2017 20:04)

    Bonjour est-ce qu'avec l'équipe du pays de galles, Gareth Edwards est parvenu à battre les All Blacks ?

  • #2

    Toulonnais (dimanche, 15 janvier 2017 20:42)

    Non, la derniere fois que Galles a battu les blacks date de 1953!

  • #3

    Admin (lundi, 16 janvier 2017 10:55)

    La nouvelle-Zélande est la bête noire des Gallois qui ne l'ont en effet plus battue depuis 1953 (trois victoires seulement en 33 matches) même dans les années 1970 au plus fort de leur suprématie européenne avec Gareth Edwards à la baguette. Avec leur génial neuf, ils ont affronté quatre fois les Blacks et ont été très proches d'une victoire à deux reprises : en 1972 (16-19) et plus encore en 1978 (12-13). Depuis la retraite du prodige, les confrontations entre les deux équipes ont généralement été marquées par un score fleuve à l'avantage des Néo-Zélandais...

  • #4

    Makeda Foret (vendredi, 10 février 2017 00:00)


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