Le jour où Wilt Chamberlain inscrivit 100 points

100 points dans une seule rencontre de NBA, une performance folle, insensée, inimaginable, réussie un soir de mars 1962 par un jeune pivot prometteur : Wilt Chamberlain !

 

Le record n'a depuis jamais égalé, ni même approché, et pourrait bien ne jamais l'être, rares étant les rencontres où une équipe dépasse largement la barre des 100 points inscrits. Comment imaginer alors qu'un seul joueur puisse marquer à lui tout seul un tel total de points ?

 

Les Fous du Sport reviennent sur ce match fou qui a fait de Wilt Chamberlain la première grande star d'un sport qui allait bientôt passionner l'Amérique et plus encore le reste de la planète.

 

Un géant à la rapidité déconcertante

 

Avec ses 2m16, Chamberlain est un des plus grands joueurs à l'aube des années 1960. Mince et élancé, il compense un déficit de puissance par une agilité stupéfiante et une adresse exceptionnelle pour un pivot. Dès ses premières rencontres avec les Warriors de Philadelphie, il enchaine les scores à plus de 40 points, tout en collectant fréquemment 20 ou 30 rebonds.

 

Wilt the stilt, en référence à ses interminables jambes d'échassier, devient instantanément la superstar de l'équipe, celui à qui l'on donne tous les ballons, celui qui doit débloquer les rencontres et offrir la victoire à son club ! Après deux premières saisons exceptionnelles pour un rookie (37 et 38 points de moyenne), les États-Unis scrutent chaque match de l'exceptionnel scoreur en se demandant quel nouvel exploit le géant va réaliser ? 

 

100 points, le record auquel personne n'osait croire !

 

Sa troisième saison a débuté sous des auspices encore plus favorables, il flirte avec la barre des 50 points alors que se profile la fin de la saison régulière et quelques adversaires de modeste niveau. Chamberlain en profite, il enquille 67, 65 et 61 points lors des trois rencontres précédant le match contre les Knicks de New-York, accueilli avec le statut peu enviable de dernier de la conférence...

 

Les malheureux New-yorkais se présentent sans leur pivot titulaire, avec deux remplaçants inexpérimentés dont l'un est un piètre défenseur. Face aux Warriors et leur arme fatale dans la raquette, ça sent la raclée et le one-man-show du grand Chamberlain. Dès les premières minutes, le ton est donné ! Le prodige est ultra dominateur près du cercle et inscrit de nombreux paniers, au terme du premier quart-temps Philadelphie a déjà inscrit 42 points, dont 23 pour le seul Chamberlain.

 

 

Chamberlain seul au monde

 

Durant le deuxième quart-temps les choses semblent redevenir normales, les Warriors n'inscrivent que 37 points et leur vedette se contente d'un anecdotique 18 ; ce sont au contraire les Knicks qui scorent, inscrivant à leur tour 42 points pour donner à la rencontre une tonalité extrêmement offensive. Avec 41 points en une mi-temps, Chamberlain est déjà sur des bases supérieures à son précédent record de 78 points inscrits en une seule rencontre (record de la NBA) établi la saison précédente, néanmoins il est difficile d'imaginer ce qu'il va suivre...

 

Les Warriors reprennent le cours de leur domination, accentuant de nouveau leur avance sur leur modeste adversaire, en grande partie grâce à leur irremplaçable pivot par lequel tous les ballons transitent. Les intérieurs remplaçants des Knicks n'ont pas les moyens de s'opposer à un joueur en état de grâce qui marquent 28 points supplémentaires durant le troisième quart-temps, portant son total à 69. Il semble désormais acquis qu'un nouveau record va être signé, d'autant plus que l'avance des Warriors est confortable (125 à 106), mais il convient encore de savoir à quelle hauteur va-t-il être élevé. Avec un match déjà gagné, la fin de la rencontre s'annonce comme le quart d'heure américain du géant, avec des coéquipiers dévoués à lui donner les ballons dans les meilleurs conditions.

 

Donnez là à Wilt

 

Les 4 000 spectateurs ont bien compris que l'histoire était en train de s'écrire sous leurs yeux ; à chaque fois que les Warriors sont en possession de la balle ils scandent "Give it to Wilt", ce qui signifie aussi bien "offrez le record à Wilt" que "donnez la balle à Wilt".

 

Mais le génial Chamberlain n'a en vérité besoin de personne, il survole les débats, évolue dans la stratosphère et transforme chacun des ballons qui passent dans ses mains immenses en dunk, bras roulé, et plus globalement en paniers. Le score enfle, tout comme les statistiques personnels du numéro 13 de Philadelphie : 70 points, 80 points, 90 points... Alors qu'il ne reste plus que quelques minutes à jouer, la barre mythique des 100 points qui semblait inatteignable est soudainement à la portée de Chamberlain. Il ne laissera pas passer l'occasion de rentrer dans la légende, inscrivant juste avant le coup de sifflet final un ultime panier, terminant son match avec 100 points inscrits, un chiffre mythique à la hauteur de cette folle performance !

 

Un record qui ne sera jamais battu !

 

169 à 147, un score fleuve, 100 points avec 36 paniers sur 63 tentatives et 28 lancers-francs, des chiffres qui donnent le tournis et qui devraient en toute logique rester éternellement dans le panthéon du basket professionnel. Il semble désormais impossible que ce record puisse être battu, même si depuis quelques années l'introduction du panier à trois points permet aux scoreurs d'augmenter leurs stats. Un homme s'est pourtant approché de la folle performance de Chamberlain, il s'agit de Kobe Bryant qui a inscrit 81 points en 2006 signant une performance exceptionnelle dans le contexte moderne du basket américain, loin toutefois du record de Chamberlain.

 

Malgré son talent hors-norme et ses incroyables performances à répétition (32 matches à 60 points et plus dans sa carrière), Wilt Chamberlain n'a remporté que deux bagues de champion durant sa longue carrière terminée en 1973, se voyant même affublé du peu amène qualificatif de loser ! Le style de jeu restrictif des Warriors consistant à lui donner la balle alors que dans le même temps les Boston Celtics de son éternel ennemi, Bill Russel, accumulaient les titres grâce à un jeu huilé et parfaitement collectif, expliquant sans doute que Chamberlain et les Warriors ne soient parvenus à remporter qu'un seul titre malgré les incroyables performances du prodigieux soliste.

 

Après quatre ans aux 76ers de Philadelphie, Chamberlain a réussi à remporter une nouvelle bague avec les Lakers de Los Angeles lors de son ultime saison en 1972. Malgré ce succès l'expérience californienne au sein de cette constellation de stars reste mitigée, son temps de jeu et son nombre de points marqués ayant décliné au fil des années.

 

Exceptionnel marqueur, Chamberlain était aussi un joueur complet. Remarquable défenseur, ses bras tentaculaires lui permettaient de contrer ses adversaires avec aisance, mais c'est surtout dans l'art du rebond qu'il brillait, terminant fréquemment les rencontres avec plus de 30 rebonds captés, signant dans cette spécialité de nombreux records dont une grande partie reste encore d'actualité.

 

Un autre record aurait été réalisé par Wilt Chamberlain ; les sources varient certes mais selon le crédit que l'on accorde à celles-ci il aurait séduit 20 000 et peut-être même 30 000 femmes durant son existence. Un record qui n'a pas été homologué par la NBA...

 

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