Edgar Grospiron, la bosse du ski !

24 ans déjà, qu'un excentrique OVNI a révolutionné le monde conventionnel du ski alpin en devenant le premier champion olympique d'une discipline introduite au programme des Jeux Olympiques en 1992.

 

A Albertville, lors d'une exceptionnelle compétition ayant vu les Français briller avec notamment Fabrice Guy, Sylvain Guillaume, ou encore Franck Piccard, le monde découvrait pour la première fois le ski de bosses, ses champions décomplexés aux tenues bariolées réalisant des figures spectaculaires, la musique rock diffusée par des sonos poussées au maximum, et le meilleur d'entre tous, un jeune Français charismatique de 23 ans : Edgar Grospiron !

 

Grospiron a bossé dur

 

Sport de démonstration à Calgary en 1988 ayant vu le jeune prodige français décrocher une médaille de bronze à seulement 19 ans, la discipline des bosses du ski acrobatique fait son apparition officielle à Albertville quatre ans plus tard.

 

Edgar Grospiron est logiquement l'un des principaux favoris de l'épreuve ; outre sa médaille de bronze à Calgary, il affiche malgré son jeune âge un palmarès impressionnant avec deux titres de champion du monde (1989 et 1991) et deux coupes du monde (1990 et 1991) tout en étant leader de l'édition 1992 ! Autant dire qu'il est l'homme à battre ; son talent, son palmarès et l'exceptionnelle motivation qui sera sa marque de fabrique contribuent à en faire une réelle chance de médaille pour la délégation française.

 

Le show Grospiron

 

Le skieur de La Clusaz a tout pour lui ! En plus de bénéficier de l'avantage de concourir à domicile, il est le plus rapide, le plus technique et un véritable acrobate. Ses sauts, novateurs et originaux, sont régulièrement exécutés avec une ampleur inédite et une perfection totale. Son ski est un modèle du genre avec des genoux parfaitement serrés durant toute la descente et des skis totalement parallèles malgré les nombreux obstacles de la piste.

 

Quant à sa rapidité, un critère essentiel dans l'attribution des points, elle est impressionnante ! Lors de chacune de ses manches, il signe le meilleur temps, tout en réalisant des passages parfaits et des sauts complexes et aériens déclenchant l'enthousiasme des 20 000 spectateurs conquis.

 

Avec Edgar Grospiron le show ne s'arrête pas une fois la ligne d'arrivée franchie. Sur l'aire d'arrivée, il n'hésite pas à exécuter des figures, à se comporter en rock star exhortant le public à se manifester. Et ça marche, les spectateurs adorent ça, le stade est bondé durant toute la compétition et les audiences télévisuelles explosent !

 

Triomphe et médaille d'or

 

Inévitablement la star s'impose, disposant, pour le plus grand bonheur de l'hexagone, d'un autre Français en finale, Olivier Allamand, avec le total de 25,81 points. Il s'en est fallu de peu que le podium soit exclusivement bleu-blanc-rouge, puisque l'Américain Nelson Carmichael ne devance Eric Berthon que de quelques dixièmes de point.

 

Qu'importe, Edgar Grospiron a acquis en quelques jours un statut de star, en France mais aussi à l'international ! Showman absolu, il enchante aussi les médias lors de conférences de presse décalées durant lesquelles son humour et son originalité font merveille, comme celle où il livre le secret de sa préparation peu de temps après sa victoire : "C'est simple pour être en forme, il faut alterner vin blanc et vin rouge. Une semaine chacun !"

 

Travail, discipline et rock'n'roll

 

Un bon mot bien évidemment, car si le jeune prodige apprécie la fête et les excès de celle-ci, il a bossé avec opiniâtreté pour atteindre son rêve olympique. C'est un talent que partage les plus grands : dégager une impression de facilité occultant des heures et des heures de préparation acharnée !

 

Et les bienfaits de cet travail intensif va encore porter ses fruits après Albertville. Edgar Grospiron remporte la coupe du monde en 1992, décroche une nouvelle médaille (de bronze) lors des Jeux de Lillehammer en 1994 assortie d'un quatrième titre de lauréat de la coupe du monde la même année. Des succès répétés mais aussi une relative déception en Norvège qui semblent sonner la fin de carrière d'un jeune homme bien décidé à découvrir d'autres horizons, d'autant plus que son corps est usé par une discipline extrêmement traumatisante pour les genoux et - il faut bien le reconnaître - une hygiène de vie incertaine une fois le Graal atteint.

 

Mais les championnats du monde 1995 sont programmés à La Clusaz, la ville où il réside. La motivation d'une sortie triomphale renait légitimement, le skieur se remet à bosser, enchaine des heures et des heures de rééducation pour soigner un genou meurtri et opéré, dévale chaque jour des pistes aux milles pièges, conçoit des sauts encore plus spectaculaires...

 

Motivation et encore motivation

 

Lorsque le talent, le travail et la motivation sont au rendez-vous, nul ne peut empêcher Edgar Grospiron de s'imposer ! Le Français  tire sa révérence de manière triomphale en devenant un incontestable champion du monde (pour la troisième fois) devant les siens. A 27 ans, il peut prendre sa retraite sportive avec une aura et un palmarès exceptionnels.

 

Intelligent et charismatique, Grospiron saura tirer les enseignements de toutes ces victoires acquises grâce à une capacité à se motiver à nulle autre pareille alors que sa personnalité le poussait à une certaine facilité et parfois à l'hédonisme. Il deviendra un brillant conférencier, spécialiste de la motivation en entreprise. Des conférences parait-il brillantes... et très spectaculaires !

 

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