1984, la France championne olympique de foot

1984 restera une date historique pour le football français ; pour la première fois la France, nation de perdants magnifiques, parviendra à inscrire son nom au palmarès des plus belles compétitions internationales, faisant oublier la tragédie de Séville ou encore les poteaux carrés de Glasgow.

 

Quelques semaines après le titre de champion d'Europe espéré par tout un peuple conquis par Platini et ses partenaires, les footballeurs tricolores décrochent un nouveau sacre planétaire - totalement inattendu celui-là - en devenant champions olympiques lors des Jeux de Los Angeles. Une première pour la France qui n'avait jamais décroché la moindre médaille dans la discipline...

 

Des débuts laborieux...

 

Marquée par le boycott des pays du bloc de l'Est avec leurs équipes composées de faux amateurs et l'autorisation enfin donnée aux sélections de comporter des professionnels - à condition que ceux-ci n'aient pas participé à la coupe du monde en Espagne - l'épreuve de foot prend une nouvelle dimension. Si les athlètes des disciplines olympiques historiques regardent d'un oeil sceptique l'arrivée de ces professionnels, les passionnés de football se réjouissent de voir enfin des joueurs de premier plan participer aux jeux !

 

Si la qualification des Français a été acquise avec brio, en terminant premiers de leur groupe avant de dominer la redoutable RFA en match de barrage, les débuts sont hésitants. La France doit se contenter d'un maigre match nul contre le Qatar (1-1), d'une victoire compliquée contre la Norvège grâce à un doublé de François Brisson (2-1) et d'une qualification dans la douleur après un dernier match nul contre le Chili (1-1) grâce à une égalisation en 2e mi-temps de Lemoult. Malgré tout, l'équipe dirigée par Henri Michel décroche son ticket pour les quarts de finale, avec un groupe à la motivation décuplée.

 

En route vers une médaille !

 

Le match référence survient en quarts, les Bleus dominent l’Égypte grâce à un doublé de Daniel Xuereb, l'indispensable Monsieur Xu de l'équipe. Dès lors, les tricolores peuvent rêver d'une médaille, la première de l'histoire du pays en football olympique.

 

Un redoutable adversaire se dresse néanmoins sur la route des Français en demi-finale : la Yougoslavie de Tito qui a refusé de boycotter les jeux et se présente avec une armada d'artistes, autrement plus expérimentés que les bleus composant l'équipe de France ! Malgré tout, l'impensable se produit, les tricolores mènent rapidement 2-0 après les réalisations de Bijotat et Jeannol. Mais le souvenir de Séville s'inscrit alors dans les esprits de 50 millions de Français lorsque les Yougoslaves égalisent en dix minutes (63e et 74e), poussant les protégés d'Henri Michel à une irrespirable prolongation...

 

En deux ans, la France a néanmoins appris à vaincre ; Guy Lacombe et Monsieur Xu font chacun trembler les filets offrant une superbe victoire (4-2) et une finale de rêve contre le Brésil. La médaille est d'ores et déjà assurée, seule sa couleur reste à définir.

 

France - Brésil, finale de rêve !

 

Après avoir éliminé la Yougoslavie, les Bleus se retrouvent opposés à l'autre grand favori de l'épreuve, le Brésil où un jeune milieu de terrain impressionne (un certain Dunga) au milieu des exceptionnels artistes auriverdes. Pour la troisième fois, la France va jouer au Rose Bowl Pasadena, cette fois devant plus 100 000 spectateurs, dont de nombreux Brésiliens, dans une ambiance à laquelle les jeunes Français sont peu habitués.

 

Les Français souffrent durant une première mi-temps dominée par les Brésiliens, mais Ayache, Bibard, Jeannol et Zanon, les défenseurs, se montrent intraitables devant Albert Rust, l'expérimenté portier tricolore. Rentrer au vestiaire à 0-0 contre ce Brésil à la fois créatif et très solide relève presque de l'exploit...

 

Et un, et deux-zéro !

 

Dominer n'est pourtant pas gagner au foot, une action parfaitement menée par le milieu tricolore aboutit à un centre millimétré de Jean-Philippe Rohr pour François Brisson. Au prix d'une exceptionnelle détente, celui-ci catapulte le ballon au fond des filets brésiliens permettant à la France de mener 1-0.

 

Séville n'est pas qu'une tragédie, c'est aussi une précieuse expérience ; malgré les efforts de leurs adversaires, les Bleus ne céderont pas ! Au contraire, c'est même l'indispensable Monsieur Xu qui double la mise à la 62e au terme d'un contre d'orfèvre. Les Français explosent de joie, ils tiennent leurs médailles d'or, car les Brésiliens ne reviendront pas. Il y a trop d'envie, de hargne, de motivation, dans cette équipe coachée de main de maître par Henri Michel, le score ne bougera pas ! La France est championne olympique de football pour la première fois, quelques semaines seulement après le triomphe des grands frères, Platini, Tigana ou encore Giresse et consorts.

 

Moins spectaculaire que leurs succès sur le terrain, les footballeurs français ont aussi décroché une autre victoire durant cette olympiade. Leur simplicité, leur gentillesse, leur immense joie d'être présents à la fête olympique et finalement leur complicité avec les athlètes amateurs auront grandement contribué à ce que les professionnels soient progressivement acceptés par la famille olympique...

 

Pour le football français, l'été 1984 fut un été... en or !

 

L'équipe finaliste : Rust, Bibard, Ayache, Zanon, Rohr, Jeannol, Bijotat, Lacombe, Lemoult, Xuereb (90e, Patrick Cubaynes), Brisson (81e, Patrice Garande).

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