Johan Cruyff, les légendes ne meurent jamais

C’est une sensation étrange qui accompagne Johan Cruyff à son réveil, une sensation de sérénité et de bien-être. Alors qu’il se lève sans aucune difficulté, Cruyff constate de manière surprenante qu’il ne ressent plus aucune douleur et se trouve même dans une forme physique étincelante.

 

     Il se trouve dans un couloir et aperçoit une lumière blanche. Il s’approche et se retrouve soudain devant un rectangle de gazon illuminé, une immense clameur monte de ce qu’il découvre être de gigantesques tribunes remplies de spectateurs debout en train de l’applaudir.

 

                 - Te voilà Johan, on t’attendait pour commencer le match lui dit un homme qu’il ne reconnait pas immédiatement

                 - Monsieur... Rinus Michels, mais je ne comprends pas, lâche Cruyff en reconnaissant son mythique entraineur à l’Ajax. Où sommes-nous ? Quel match ? Avec  qui ?

 

Michels lui désigne alors ses coéquipiers. Cruyff aperçoit un gardien vêtu de noir aux bras immenses en train de multiplier les plongeons, arrêtant toutes les balles en lucarne.

 

        - C'est Lev Yachine, n’est-ce pas ?

                  -  Oui Johan, c’est bien lui.

      -  Mais il est mort              

   -  Les légendes ne meurent jamais Johan… regarde-toi  répond l’entraineur.

 

Le Néerlandais découvre alors qu'il est en tenue, vêtu de son célèbre numéro 14. Surpris, il poursuit ses observations et aperçoit deux joueurs en train de se faire des passes, une coupe de champagne à la main.

 

             -  Qui est-ce demande-t-il ?

-           -  Ah ce sont les Français, Roger Marche et Robert Jonquet, deux magnifiques défenseurs.

-          -  Bien sûr admet Cruyff en observant Djamal Santos multiplier les jongles, et lui c’est l’immense Santos.

-           - Oui

-           - Qui est-ce ce type, demande le meneur de l’Ajax en désignant un joueur enchaîner les tacles glissés avant de se recoiffer systématiquement après chaque intervention

             - Voyons c’est Giacintho Fachetti, tu as déjà joué contre lui au début de ta carrière, tu ne te rappelles pas, tu avais eu du mal avec lui.

              - Bien sûr, quel défenseur !

 

Cruyff poursuit ses observations, il voit un Brésilien dribbler inlassablement des défenseurs tchèques postés le long de la ligne de touche. Il reproduit encore et encore le même dribble, un pas de samba, et passe systématiquement dans le maigre espace entre la ligne et les défenseurs, laissant ceux-ci le cul dans le gazon.

 

             - Garrincha bien sûr 
  - Qui d’autre en effet...

 

Au milieu du terrain, un grand barbu disserte avec le ballon, d’une élégance rare, celui-ci philosophe avec  le cuir avant de tenter et réussir des passes de 50 mètres.

 

-           - Tu le reconnais ?

-           - Évidemment c’est Socrates ! Où suis-je coach ?

-           - Tu ne devines pas ?

-           - Au paradis alors, c’est ça ?

 

Rinus Michels ne répond pas et se contente de sourire.

 


   - C’est Didi là-bas, continue Cruyff, en montrant un Brésilien qui fait un toro, seul contre une demi-douzaine de gaillards tentant désespérément d'attraper la balle.

 -    - Je les reconnais aussi dit Cruyff en désignant Alfredo Di Stephano et Ferenc Puskas qui marquent but sur but à trois gardiens impuissants dans la cage.

-           - Oui, voilà ton équipe, pas mal non C'est même impossible de faire mieux.

-           - Mais si je ne me trompe, nous ne sommes que dix.

-           - Oui en effet, mais voilà le 11e.

 

Cruyff voit alors une Aston Martin entrer par un passage dérobé. Trois filles sublimes sont dans la voiture de sport dont sort nonchalamment Georges Best une bouteille de Dom Pérignon à la main.

 

-           -  Vous ne dites rien coach, à l’Ajax vous n’auriez jamais toléré un retard ?

-           - C’est Georges Best ! Que dire si ce n’est bravo? Tu as vu ces filles, je crois que la blonde c’est miss monde 1967 

-           - Mais contre qui jouons-nous ? demande Cruyff

-          -  Eux, désigne Michels en montrant 22 joueurs qui entrent sur la pelouse

-           - Mais ils sont deux fois plus nombreux

-          - Oui Johan, il faut bien qu’il y ait un minimum de suspense pour le public. Tu veux une cigarette avant le match ?

-           - Quoi, mais vous n’y pensez-pas ?

-           - Tu es au paradis des génies du football Johan, tu peux fumer autant que tu veux, que peut-il t’arriver ?

 

 

      Les Fous du Sport ont pris quelques libertés avec l'exactitude historique, une fois n'est pas coutume, quoi que...

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Commentaires : 1
  • #1

    Rob (samedi, 02 avril 2016 12:11)

    Bel hommage....