Le PSG terrasse le Real au bout du suspense

Avant d'avoir Chelsea comme victime expiatoire en coupe d'Europe, le PSG avait une autre cible désignée. Et pas des moindres puisqu'il s'agissait du grand Real de Madrid !

 

Deux années de suite le club parisien allait se défaire des Madrilènes, la première confrontation en 1993 est encore dans tous les esprits de ceux ayant vécu l'exceptionnel match-retour.

 

Battu à Santiago Bernabeu sur le score de 3 à 1, le PSG a besoin de réussir un exploit pour se qualifier en demi-finale de la coupe de l'UEFA. Le Parc affiche l'affluence des grands soirs avec un public chauffé à blanc pour cette rencontre de haut-niveau. Bien que dominés à l'aller, les Parisiens y croient réellement et ont réussi à faire naître un fol espoir dans les travées du stade...

 

Une équipe de rêve !

 

Il faut rappeler que l'histoire du club n'a pas débuté avec le Quatar, c'est une équipe magnifique qui est alignée par Artur Jorge avec une attaque de feu composée de George Weah et David Ginola (assistés d'Amara Simba), soutenue par le magicien Valdo et dans des rôles un peu plus défensifs les indispensables Le Guen et Guérin. Si l'indestructible Ricardo est bien présent derrière, la défense souffre néanmoins de l'absence de Roche, remplacé par Antoine Kombouaré.

 

En face, le Real est comme toujours une constellation de grands noms, notamment Butragueno et Zamorano, un duo d'attaquants qui a fait souffrir le PSG lors du match aller, bien soutenu par les virtuoses Michel, Luis Enrique et Prosinecki ou encore le solide Hierro.

 

Le PSG asphyxie le grand Real

 

Les joueurs du club parisien n'ont que faire du prestige de Madrid, ils exercent une pression terrible sur les Espagnols. Weah et Ginola sont déchainés et mettent à contribution l'arrière-garde madrilène, entrainant avec eux l'ensemble de l'équipe dont Simba qui, seul face à trois adversaires, obtient un corner. Valdo s'en charge et  dépose parfaitement la balle sur la tête rageuse de George Weah qui ouvre le score alors que Buyo, le gardien, s'essaie à la danse classique. On joue la 33e minute et Paris a fait la moitié du chemin ! 

 

Les Parisiens sont survoltés et continuent d'attaquer pour inscrire ce deuxième but, synonyme de demi-finale, alors que les Espagnols ont le visage blême. Floro, l'entraineur madrilène, vocifère le long de la ligne de touche et son équipe parvient à rentrer au vestiaire sans prendre de but supplémentaire.

 

 

Mais Paris s'essouffle...

 

La mi-temps a fait le plus grand bien aux joueurs du Real, la rencontre s'équilibre et les minutes s’égrènent lentement. Paris peine à se montrer dangereux face à la défense madrilène qui a retrouvé un niveau plus conforme à son standing. C'est même le Réal qui se montre dangereux en contre.

 

Il ne reste plus qu'une dizaine de minutes à jouer et la crainte a remplacé le fol espoir qui avait jusqu'alors porté les joueurs parisiens et leurs supporters. Pour apporter du sang neuf, Jorge a fait rentrer Bravo et Germain. Paris a les yeux rivés sur le chronomètre. Mais en dix minutes, l'impensable, l'absolu, la magie, peuvent parfois survenir...

 

Dix minutes pour l'éternité

 

Quand les jambes ne répondent plus il reste cependant le talent et l'attaque parisienne n'en manque pas ! Passe millimétrée de Valdo, remise lumineuse de Weah pour Bravo, tête en retrait de celui-ci pour Ginola qui expédie des vingt mètres une merveille de demi-volée en lucarne. 2-0, Paris est en demi.

 

Mais cette équipe est unique, il n'est pas dans ses gênes de défendre, alors elle enchaîne un nouveau mouvement de rêve. Le cuir arrive dans les pieds de Valdo qui danse la samba ; une première feinte de frappe pour donner un tour de rein à son défenseur, une deuxième pour envoyer le gardien sur les fesses, avant de placer la balle dans le petit filet. A la 89e minute, le Real et à terre, alors que tout un stade célèbre ses héros lancés dans une folle farandole.

 

Et ce n'est pas fini !

 

Déconcentration ou révolte madrilène ? Toujours est-il que quatre minutes plus tard, le Real inscrit le but qui envoie les deux équipes vers les prolongations, 3-1. C'est soudainement Paris qui est à terre ! Les blancs ont les yeux hagards et la tête baisse.

 

Il faut toute l'énergie de Lama pour remotiver ses troupes, le gardien hurle "il reste du temps, il reste du temps." Effectivement l'arbitre semble se délecter du spectacle, il invite les Parisiens à engager et ne regarde toujours pas sa montre alors que l'horloge affiche 93 minutes de jeu.

 

Le bonheur, enfin !

A la 96e minute, Ginola obtient un nouveau coup-franc aux abords de la surface madrilène, que va évidemment tirer Valdo l'orfèvre. Le Brésilien distille un nouveau ballon parfait en direction de Weah. Idéalement placé le futur ballon d'or africain ne recevra pourtant jamais l'offrande, Antoine Kombouaré s'est envolé. "Casque d'or" catapulte la balle au fond des billets du pauvre Buyo alors qu'un tremblement de terre surgit dans l'ouest parisien. Les joueurs du PSG hurlent de bonheur, se congratulent, mais cette fois les célébrations sont de courte durée. Pas question de laisser l'adversaire revenir à nouveau, d'autant plus que cette fois ce serait l'élimination.

 

Car le référé n'a toujours pas l'intention de mettre un terme à la rencontre. Les Espagnols engagent et se ruent à l'attaque, faisant naître un vent glacé dans un Parc tétanisé, mais les Parisiens se jettent sur tous les ballons. Il faut attendre la 100e minute pour que l'arbitre se souvienne enfin qu'il possède un sifflet, mettant fin à dix minutes d'apnée pour le peuple francilien. 

 

Pour des millions d'amateurs de football ayant eu la chance de voir ce match, il s'agit d'une des plus belles rencontres de l'histoire illuminée d'actions de très grande classe, assortie d'un suspense insoutenable et ayant bénéficié d'un dénouement trop rare pour le foot français. Mais il était écrit que cette année 1993 ne serait pas comme les autres puisque quelques semaines plus tard l'Olympique de Marseille remportait la Champion's League !

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Commentaires : 2
  • #1

    Stéphane.E (mercredi, 16 mars 2016 16:47)

    Dire que j'avais des places pour ce match et que j'ai pas pu y assister...
    Je m'en veux encore !

  • #2

    Latina Trusty (mercredi, 01 février 2017 17:03)


    Thanks for sharing your thoughts. I really appreciate your efforts and I will be waiting for your next write ups thank you once again.