Mark Spitz, la torpille aux sept médailles d'or

Des milliers de sportifs, aussi courageux que talentueux, consacrent une vie d'efforts, de sacrifices et d'entrainements inhumains à tenter de remporter une médaille olympique une fois dans leur existence. Mark Spitz en a remporté sept - toutes d'or - au cours des Jeux Olympiques de Munich en 1972.

 

Certes Le nageur américain, né en 1950, était incroyablement doué, avec une technique parfaite et novatrice, acquise grâce à des coachs excellents et dévoués comme Sherman Chavoor, George Haines ou encore James Counsilman (sans oublier son père qui l'a encouragé tout au long de sa carrière), mais jamais il ne serait parvenu à un tel niveau d'excellence sans une volonté absolue de devenir le plus grand.

 

Un irrésistible désir de vaincre qui prend certainement sa source dans un échec fondateur !

 

 

La désillusion de Mexico

 

Âgé de 18 ans, Mark Spitz est l'un des grands favoris de l'Olympiade mexicaine. Il compte déjà trois records du monde et a déclaré qu'il allait faire mieux que Don Schollander - son compagnon d'entrainement - revenu de Tokyo avec quatre médailles d'or. Spitz annonce à qui veut bien l'entendre, c'est à dire toute l'Amérique, que c'est avec six médailles d'or autour du cou qu'il rentrera de Mexico.

 

Il serait exagéré de dire que ce fut un échec, le jeune homme de 18 ans a tout de même gagné deux médailles d'or (en relais), ainsi qu'une d'argent et une de bronze, mais eu égard à ses prétentions, le camouflet fut dur à assumer et la presse impitoyable. Plus implacable encore l'université de Santa Clara où il s'entrainait le pria d'aller nager ailleurs...

 

Quatre ans de sacrifice

 

Installé chez les Hoosers d'Indiana, l'Américain a retenu la leçon. Finies les déclarations intempestives aux médias, il va nager et nager encore.

 

Quatre ans durant, Spitz s'astreint à des cadences d'entrainement de stakhanoviste, il nage quotidiennement neuf kilomètres, enchaînant crawl et papillon ses deux spécialités. Sous la houlette de Chavoor, son fidèle entraineur, il met au point une technique d'entrainement à l'époque novatrice axée sur des efforts fractionnés. Spitz veut sa revanche !

 

Spitz est insatiable

 

C'est un athlète parfaitement entrainé qui arrive à Munich en 1972, le corps sculpté par des milliers d'heures d'entrainement et le moral gonflé à bloc par un impérieux désir de revanche. Spitz s'est bien gardé d'effets d'annonce, tout juste a-t-il révélé à ses proches qu'une fois encore il visait les six médailles d'or.

 

Bien sûr, Mark Spitz y est parvenu, réussissant même à s'offrir sept médailles d'or en autant d'épreuves disputées (le 100 et le 200 mètres en crawl et papillon, ainsi que les trois relais par équipe), signant aux passages sept records du monde ! Un exploit bien évidemment inégalé jusqu'alors qui en fait la superstar absolue des J.O. de 1972.

 

Pour réussir une performance aussi exceptionnelle, le prodige a pourtant dû lutter contre un coup de froid nécessitant des antibiotiques avant même le départ des compétitions, de violentes douleurs au dos l'ayant mené au bord du forfait et bien sûr une fatigue croissante due à l'enchainement des compétitions, mais Spitz voulait sa revanche !

 

Spitz ne fêtera pas son succès

 

Si l'histoire a fait une place en or dans son panthéon à Mark Spitz, l'extraordinaire performance de l'Américain fut éclipsée dès le lendemain de son septième titre par les dramatiques attentats ayant touché la délégation israélienne.

 

Issu d'une famille juive, il fut profondément affecté par la prise d'otages et son dramatique dénouement. D'autant plus que ses origines étant connues, le FBI s'empressa de le mettre sous protection et de le rapatrier aux États-Unis.

 

Le traumatisme allait pourtant progressivement s'effacer et Mark Spitz jouir enfin de son succès et d'une reconnaissance médiatique bien méritée, quatre ans après avoir été voué aux Gémonies par la presse américaine !

 

Ayant atteint le Graal absolu, Mark Spitz arrête la natation à 24 ans avec autour du cou onze médailles dont neuf du plus précieux des métaux.

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Commentaires : 2
  • #1

    Rob (mardi, 16 février 2016 18:53)

    Immense nageur, seul Michael Phelps a fait mieux depuis !

  • #2

    GIRAUDEAU Dominique (mercredi, 13 avril 2016 16:19)

    il restera toujours mon idole mais si j'ai une grande admiration pour MICHAEL PHELPS
    Dominique toujours fan