Hillary et Norgay domptent l'Everest

8 848 mètres d'altitude, de la glace et de la roche à perte de vue, une atmosphère raréfiée à l'extrême et des températures pouvant chuter à moins 50 ou moins 60° à la moindre bourrasque de vent... Voilà le décor qui attend Edmund Hillary et Tensing Norgay alors qu'ils vont s'élancer à la conquête de l'Everest !

 

Hillary est un solide gaillard venu des confins de la Nouvelle Zélande qui a déjà de nombreux sommets à son actif, notamment une première expédition avortée sur l'Everest en 1951, quant à Norgay il est plus qu'un sherpa - ces guides et porteurs népalais, il s'est imposé comme l'un des tous meilleurs alpinistes et l'un des membres essentiels de l'expédition commandée par le Général John Hunt.

 

Une dizaine d'équipées ont tenté de conquérir le toit du monde au cours des années précédentes, mais le Mont Everest s'est à chaque fois révélé inaccessible et parfois meurtrier. Depuis l'invasion du Tibet par la Chine en 1950, l'ascension est devenue encore plus complexe, il faut désormais passer par la voie sud, plus difficile.

 

Une équipe nombreuse et soudée

 

Le 29 mai, au petit matin, Edmund Hillary et Tensing Norgay se préparent enfin à quitter le camp de base numéro 9. Ils ont bivouaqué à près de 8 500 mètres d'altitude dans les conditions les plus extrêmes. Ils ne sont qu'à 350 mètres du sommet, mais ce sont les plus difficiles, plusieurs alpinistes ayant dû par le passé renoncer à quelques mètres de la cime.

 

Le duo a pu compter sur une équipe parfaitement organisée pour parvenir jusqu'à là avec les meilleurs alpinistes occidentaux, des sherpas indestructibles et plus de 300 porteurs qui se sont arrêtés au fil des camps de base. Mais ils sont désormais seuls et ne peuvent compter que sur leurs propres forces et leur complicité inébranlable pour atteindre le sommet. Chacun des deux hommes portera 25 kilos de matériel, en partie composé du système d'assistance respiratoire aussi lourd que d'une fiabilité incertaine.

 

L'inaccessible Everest

 

Les 350 derniers mètres constituent une ultime et périlleuse difficulté, pas seulement à cause du froid et de l'altitude auxquels les alpinistes sont habitués, mais principalement du fait d'un ressaut d'une douzaine de mètres de hauteur bloquant l'accession au sommet.

 

Hillary doit se résoudre à contourner l'obstacle en tentant le franchissement d'une corniche glacée, fendue par une crevasse, menaçant de s'effondrer à tout instant. En contrebas, un précipice de 3 000 mètres attend les imprudents.

 

Il faudra plus d'une heure pour surmonter le péril, centimètres par centimètres le duo progresse en creusant des marches dans la glace, avant d'apercevoir soudainement le toit du monde.

 

Un duo soudé et complémentaire

 

Enfin à 11H30, les deux hommes atteignent le sommet ! L'histoire retiendra que c'est le Néozélandais qui s'est le premier dressé sur le toit du monde, ce qui est vrai puisqu'il est compliqué de se hisser de ce concert sur un pic rocheux.

 

Un détail - tant la performance et le destin de Hillary et Norgay sont indissociables - qui aura été proche de les brouiller, instrumentalisé par une certaine presse avide de savoir qui fut le premier homme à avoir atteint le mythique mont.

 

Mais les deux n'avaient cure de savoir à qui revenaient les honneurs, le Népalais reconnut que ce fut Hillary, alors que son acolyte multiplia les clichés de Norgay sur le toit du monde. Leurs noms sont aujourd'hui indissociables et le temps leur a accordé les honneurs qu'ils méritaient ; à Edmund Hillary l'anoblissement par la reine, à Tensing le baptême de monts sur la planète Pluton, aux deux une admiration éternelle.

 

Sur les monts Norgay de la lointaine planète, Hillary décédé en 2008 et son compère disparu en 1986, doivent encore rire en constatant que certains tentent toujours de savoir lequel des deux atteignit en premier le sommet de l'Everest...

 

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