C'étaient des Géants, partie 3

Troisième et dernier opus de la série C'étaient des Géants consacrée aux incomparables stars du tennis des années 1970.

 

Une époque bénie pour le tennis durant laquelle ces champions n'étaient pas seulement de merveilleux tennismen mais aussi des personnalités originales, charismatiques, au caractère bien trempé et à la fantaisie permanente sur mais aussi en dehors des courts.

 

Après l'article spécial sur l'extraordinaire tie-break entre Borg et McEnroe, le portrait de Jimmy Connors, ceux de Panatta, Ashe et Gerulatis, Les Fous du Sport vous présentent Guillermo Vilas, Ilie Nastase et Manuel Orantes.

 

Guillermo Vilas


L'Argentin a eu le malheur d'effectuer une grande partie de sa carrière en même temps que Björn Borg. Avec un jeu en tout point comparable au maître suédois, mais avec peut-être un infime soupçon de talent en moins (mais une exceptionnelle volée haute de revers), Vilas n'a pas eu la carrière et les résultats qu'il aurait pu escompter sans avoir à croiser Iceborg sur les terrains.


Car le Suédois était sa véritable Némésis, faisant tout légèrement mieux que Vilas, celui-ci sortait généralement vainqueur de leurs nombreux duels !


Et pourtant ce n'était pas faute de travail, le Sud-Américain était un véritable stakhanoviste des courts, s'entrainant six ou sept heures par jour. Vilas ne faisait en effet rien à moitié, énorme bosseur, lifteur compulsif, il était capable de rester un match entier sans monter au filet sur terre battue ou au contraire enchaîner les services-volées dès l'instant où la compétition se déroulait sur surface rapide, avec certes moins de résultats que sur la terre ocre qui l'avait vu naître au tennis.


Et quand Vilas ne s'entrainait pas ou n'entrainait pas ses adversaires dans d'interminables marathons de fond de court, il se consacrait à une autre activité chère aux latins : la séduction ! Car il adorait les belles femmes et celles le lui rendaient bien (parmi ses nombreuses conquêtes on citera Caroline de Monaco), il faut dire qu'il avait une arme secrète, la poésie.


Le vainqueur de quatre grands chelems et 62 titres du circuit dont la carrière a duré 20 ans, a en effet publié plusieurs ouvrages de poésie, le premier à l'âge de 23 ans. Mais Guillermo Vilas ne faisait jamais les choses à moitié !

Ilie Nastase

 

Tout les amateurs de tennis connaissent Nastase pour l'avoir vu jouer ou plus précisément faire le pitre dans les compétitions de vétérans, mais seul les plus de 50 ans se souviendront qu'avant de faire s'esclaffer les tribunes il fut un immense joueur.

 

Premier numéro 1 mondial en 1972, l'exubérant Roumain a gagné deux grands chelem et 87 tournois au cours d'une carrière achevée à l'âge de 40 ans, un palmarès conséquent auquel il faut ajouter de nombreux titres en double (55), une spécialité dont il fut longtemps un des tout meilleurs.

 

Mais c'est surtout sa personnalité qui l'a fait entrer dans l'histoire du tennis. Surnommé le bouffon des courts par ses détracteurs, Nastase pouvait être d'une décontraction absolue lors d'un match, n'hésitant pas à jouer l'amuseur public à la moindre occasion, à tenter des coups impossibles ou à discuter avec le public. Mais il pouvait aussi être un bagarreur teigneux, prompt à invectiver ses adversaires honnis (l'austère Stan Smith en particulier).

 

Des facéties et des sautes de concentration répétées qui l'ont sans nul doute empêché d'avoir une carrière à la hauteur de son talent, mais qu'importe l'exubérant roumain avait d'autres cordes à sa raquette. Il fait partie des rares joueurs à avoir donné son nom à une marque de chaussures mythique, a été longtemps président de la fédération roumaine de tennis, mais surtout il fut classé par le magazine Maxim dans le Top Dix des plus grands séducteurs de la planète avec... 2 500 conquêtes répertoriées (6e).

 

Difficile dans ces conditions d'être aussi concentré que nécessaire sur un court de tennis.

 

Manuel Orantes


L'Espagnol n'a ni le palmarès ni l'aura de ses deux illustres adversaires. Il ne compte en effet qu'un seul titre du Grand Chelem (l'US Open en 1975) durant sa carrière et "seulement" 33 victoires en tournois pour 37 finales perdues, car Orantes avait la réputation d'être parfois un peu friable dans les matches à enjeux.


Sur un court, l'hidalgo de Grenade était là aussi moins exubérant que nombre des plus grands joueurs de l'époque - tout particulièrement ceux évoqués dans la série C'étaient des Géants. Extrêmement courtois, parfaitement bien élevé, il faisait preuve d'un grand respect envers arbitres et adversaires, avec toujours une sobriété de bon aloi. Son jeu était à l'image du personnage, complet, élégant, mais sans coups exceptionnels


Mais voilà, Manuel Orantes a toute sa carrière durant joué avec une petite serviette-éponge glissée dans son short. Et ça, c'est la classe absolue !

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Commentaires : 2
  • #1

    Virginie (jeudi, 02 juin 2016 12:18)

    Pas un petit mot sur Pecci ?

  • #2

    Admin (jeudi, 02 juin 2016 17:40)

    Victor Pecci n'a ni le palmarès, ni la longévité, des joueurs dépeints dans ces articles, il est difficile de le classer dans la catégorie des Géants du Tennis.
    Néanmoins, son exceptionnel parcours à Roland-Garros en 1980, pourrait effectivement donner lieu à un papier sur Les Fous du Sport, ne serait-ce que pour le plaisir de ses anciennes admiratrices...
    A suivre...