La fantastique Dream Team des JO de 1992

Une image, une seule, suffit peut-être à symboliser quelle extraordinaire équipe fut la Dream Team de 1992. Celle où apparaissent sur le banc, Magic Johnson, Michael Jordan, Charles Barkley et Patrick Ewing ; quatre joueurs parmi les plus grands de l'histoire - avec sans nul doute l'un ou les deux plus grands - laissés simultanément sur le banc des remplaçants ! Un cliché qui dit tout de la supériorité absolue et insensée d'une équipe de rêve...

 

La composition de la sélection américaine donne le tournis : Michael Jordan et Magic Johnson évidemment, Larry Bird, Charles Barkley, Clyde Drexler, Scottie Pippen, Karl Malone, Patrick Ewing, David Robinson, Chris Mullin, John Stockton et un jeune prodige universitaire en clin d’œil à l'ancienne tradition : Christian Laettner.


Une équipe si forte que les journalistes invités à suivre l'ensemble de l'aventure olympique aux côtés de celle-ci seront unanimes pour dire que le plus beau match auxquels ils assistèrent fut la rencontre de préparation entre la moitié de l'équipe menée par Jordan et l'autre par Magic Johnson...

 

 

L'équipe dont la planète rêvait !

 

Après des années de refus, les instances ont enfin autorisé les États-Unis à sélectionner pour les Jeux Olympiques des basketteurs évoluant en NBA et non des universitaires.

 

Une première qui éveille la curiosité de la planète et plus encore une forme d'hystérie collective. Il faut dire que non seulement c'est la première fois que les stars du basket nord-américain vont participer aux Olympiades, mais en plus c'est sans aucun doute la plus formidable génération de géants des parquets qui débarque à Barcelone !

 

Pour le coach américain, l'expérimenté Chuck Daly, entraineur de Détroit, le problème n'est pas de faire gagner son équipe, une évidence dont personne de sensé ne doute, mais d'arriver à faire jouer ensemble des génies à l'ego surdimensionné comme Jordan, Johnson, Barkley, Drexler ou encore les colosses Ewing, Malone, Robinson, etc.

 

Une compétition magnifiée

 

Il faut dire que la seule équipe susceptible de donner un peu de fil à retordre aux États-Unis vient d'exploser ! La Yougoslavie, championne du monde en 1991, est en train de se désagréger et les Divac, Radja, Kukoc, Petrovic, Zdovc, Paspalj, devront se présenter en ordre dispersé, sous les couleurs de la Croatie pour une partie d'entre eux, victimes de la folie des hommes.

 

Heureusement pour le coach, les stars sont ravies d'être enfin conviées à la fête olympique et ce sont des gamins aux sourires éclatants qui font leur apparition au Stade Olympique. Tellement contents d'être là, qu'aucune querelle d'ego ne viendra perturber la parfaite mécanique d'un cinq extraordinaire.


Les basketteurs américains ne sont pas les seuls à être ravis, le public est littéralement en transe à chaque match des icônes, les médias s'arrachent les accréditations avant de pulvériser les audiences, mais plus encore il faut voir les adversaires des Américains arriver avant le match avec leurs appareils photos pour immortaliser la scène un sourire d'enfant à qui l'on vient de donner le Père Noël aux lèvres...


Tout autant que les matches, cette ambiance à la fois survoltée et amicale - les Américains furent parfaits dans leur rôle de star accessible - contribua à faire de ce tournoi olympique une grande page de l'histoire du sport à une époque où la NBA n'était encore que très peu diffusée hors des frontières américaines.

 

Et une compétition survolée...

 

Quelques chiffres suffisent à donner une idée de la supériorité absolue de la Dream Team :

 

. 0, le nombre de temps mort demandé par le coach américain en huit matches

. 44, l'écart moyen entre les USA et les équipes rencontrées

. 68, l'écart entre la Dream Team et l'Angola, le premier adversaire

. 127, le score des USA contre la Lituanie en demi-finale (et aussi contre le Brésil en match de poule)

. 0, le nombre d'heures de sommeil de Jordan et quelques uns de ses coéquipiers la veille du match contre la Lituanie

. 117, le score moyen de l'équipe durant le tournoi

. 36, le pourcentage de réussite moyen des adversaires affrontés

. 15, le nombre de contres infligés par Patrick Ewing durant la compétition.

 

Car c'est un récital en cinq majeur que vont réaliser les douze virtuoses !  Passes aveugles, alley-oop aériens, dunks rageurs, contres monstrueux, tirs à neuf mètres, coast to coast, rebonds stratosphériques ; quinze jours durant des gestes parfaits vont faire hurler de bonheur les fans déchaînés.

 

Et pourtant, les équipes rencontrées ne se sont pas contentées de jouer les faire-valoir. La chance de jouer contre une telle sélection et le fait de n'avoir que très peu de chances de réussir l'exploit, ont contribué à décomplexer de nombreux joueurs, offrant des matches de grande qualité. Mais l'écart entre les douze géants et le reste du monde était bien sur trop important !

 


Un podium si près des étoiles...


Après un match de mutants en demi-finale contre l'excellente Lituanie, atomisée par 127 à 73 par des Américains dont une partie de l'équipe avait passé la nuit précédente à jouer aux cartes dans la chambre de Jordan avant de suivre le prodige sur un parcours de golf à sept heures du matin, les USA rencontrent la Croatie en finale.


Quelques minutes durant, les artistes croates vont faire illusion lors d'une rencontre exceptionnelle, parvenant même à mener au score à deux reprises, avant que progressivement, Jordan, Magic et consorts ne sonnent la fin de la récréation, faisant alors vivre un calvaire à leurs adversaires, aussi bien par leur talent hors-norme en attaque que par une débauche d'énergie monumentale en défense. On ne mène pas au score impunément contre la Dream Team !


Les États-Unis remportent finalement la partie 117 à 85, après une deuxième mi-temps survolée, offrant à la planète le plus beau des podiums, sur lequel douze athlètes extraordinaires allaient illuminer le parc des sports de Barcelone de sourires à jamais inoubliables.



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